DLR, oublié volontaire du débat sur l’adhésion turque à l’UE
Les déclarations de Barack Obama sur l’adhésion Turque auront au moins eu le mérite de relancer le débat sur ce dossier épineux. Mais malheureusement, dès que sont soulevées des questions fondamentales dérangeant la pensée unique, la mise en scène du pouvoir reprend le dessus.
Ainsi, Nicolas Sarkozy revêt de nouveau le costume de pourfendeur des aspirations européennes de la Turquie, qu’il avait mis au placard depuis son élection. Il faut dire qu’une fois à l’Elysée, il n’a pas hésité à ouvrir de nouveaux chapitres de négociation avec Ankara et a imposé par la voie parlementaire le Traité de Lisbonne, qui reprend la quasi-totalité des dispositions de la Constitution européenne, parmi lesquelles celle qui élargit à tous les vents l’UE (pas de délimitation géographique, pas de liste nominative des pays membres comme dans le Traité de Nice, ce qui bloquait institutionnellement l’entrée de la Turquie) et celle qui introduit la double majorité démographique, ce qui rendrait encore plus catastrophique l’adhésion de la Turquie, pays alors le plus peuplé de l’UE (jusqu’à 100 millions d’habitants).
De plus, en nommant un farouche partisan de l’adhésion turque au ministère des Affaires étrangères et en plaidant pour une réforme institutionnelle qui transforme l’obligation référendaire pour toute nouvelle adhésion à l’UE en une simple possibilité laissée à l’appréciation des parlementaires, l’Elysée n’en a plus fini de faire des appels du pied à Ankara.
Mais les élections européennes approchent. L’on voit alors sortir de sa boîte Mr. De Villiers pour jouer le rôle du dénonciateur principal de la dernière manipulation présidentielle. Le président du MPF reste cependant affilié au mouvement Libertas, auparavant favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE qui semble aujourd’hui - comme par hasard - avoir changé d’avis.
Et nous n’avons pas à attendre très longtemps pour voir certains médias retranscrire cette mascarade en oubliant judicieusement de parler du seul parti politique qui n’a jamais changé de position à ce sujet, DLR, qui n’a de cesse de réclamer un référendum obligatoire pour toute nouvelle adhésion à l’UE d’un pays candidat de plus de 10 millions d’habitants.
Mais, de manière générale, l’attitude du Figaro est symptomatique du système de désinformation qui se met en place dès lors qu’il semble nécessaire d’abuser les Français pour conserver quelques places au soleil.


